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Henri Rousseau : Le parrain autodidacte de l’art moderne

Henri Rousseau : Le parrain autodidacte de l’art moderne

Henri rousseau était autodidacte et faisait rire par ses créations maladroites et ses perspectives mal conçues. Mais si il avait pris des cours, l’art moderne comme on le connaît n’aurait peut-être jamais existé.

Imaginez une jungle abondante, enchevêtrée de feuillages somptueux. Devant vous, comme un acteur de théâtre, un lion affamé mord une antilope. Pendant ce temps, dans les broussailles, une ménagerie témoigne de l’horreur qui se passe : une panthère, deux oiseaux de proie avec des morceaux de chaires qui pendent de leurs becs, et à gauche, une forme qui ressemble à un singe, émergeant à moitié de la forêt, avec une peau déchiquetée et un œil brillant. Au fond, un soleil rouge se lève sur cette scène menaçante..

Cette grande toile, de plus de trois mètres de large, c'est : « Le lion, ayant faim » d’ Henri Rousseau, l’un des personnage les plus intriguant de l’art moderne.

À la fin de sa vie, au tournant du 20ième siècle, Rousseau était encensé par les artistes avant-gardistes. « Voici la vérité et l’avenir ! Voilà la peinture ! » se serait exclamé Gauguin devant son autoportrait, pendant que Picasso achetait plusieurs des œuvres de Rousseau, qu’il donnera plus tard au Louvre.

 

En 1905, « Le lion, ayant faim » fut présenté au public lors du salon d’automne, une alternative annuelle au Salon de Paris, au coté de nouveau travaux hauts en couleurs fait par un groupe d’artistes qui comprenait Matisse et Derain. Un critique fut tellement choqué par l’intensité de ces tableaux qu’il appela ces nouveaux artistes les « fauves » - inspiré, probablement, par le tableau de Rousseau.

Mais de manière surprenante, étant donné qu’il est considéré comme le parrain de l’art moderne (ou, comme le dit un critique, « L’alpha et l’oméga de la peinture »), Rousseau était totalement autodidacte

Le sublime et le ridicule chez le Douanier Rousseau

 

Né en 1884 dans le petit village de Laval, Rousseau mena une vie tout à fait commune. Pendant plus de 20 ans, il travaillera au service des douanes Parisiennes, ce qui lui vaudra le surnom de « Le douanier ». La raison pour laquelle il se lança dans la peinture à l’âge de 40 ans reste obscure – ce fut peut-être pour compenser la monotonie de son travail.

En 1886, il présenta quatre tableaux au Salon des Indépendants, l’exposition principale des Post-impressionnistes. Bien qu’elle furent largement tournées en dérision, comme la plupart de ses œuvres suivantes, Rousseau continuera à présenter ses travaux aux salons de manière religieuse, chaque année, à part en 1899 et 1900.

« Monsieur Rousseau peint avec ses pieds, un bandeau sur les yeux » dira un critique, tandis qu’un autre remarquera en 1899, qu’il n’a « jamais vu quelque chose d’aussi grotesque » que les portraits de Rousseau et La nuit étoilée de Van Gogh… Rousseau copiait toutes ses revues négatives dans un carnet.

Le roi de la jungle

 

Il est vrai que comparé au style lisse et élégant de la peinture académique du 19ième siècle, les toiles de Rousseau paraissent grossières. Ses personnages et ses compositions étaient incompréhensibles et lourdaudes, il n’avait aucune idée de comment faire une perspective, son usage de la couleur, surtout le noir, était très particulier, et il était incapable de peindre les pieds. Regardez par exemple les membres contorsionnés de ses «Joueurs de Football » de 1908 : en tant qu’artiste il paraît naïf à l’extrême.

À la fin, ses œuvres lui assurèrent pourtant une célébrité durable, particulièrement ses fantastiques scènes de jungles luxuriantes, lesquelles, à l’exception de « Tigre dans une tempête tropicale »(1891) furent toutes peintes dans les six dernières années avant sa mort, en 1910, âgé de 66 ans.

 

Comment un amateur aux doigts palmés devint-il une célébrité de l’art moderne ?

Et le fait qu’il ait été autodidacte à t-il quelque chose à voir avec sa transformation de peintre du Dimanche en artiste reconnu ?

 

Si Rousseau avait reçu une formation classique, il n’aurait probablement jamais peint ses fameuses scènes de jungle, parce qu’on lui aurait dit quoi faire et quoi ne pas faire : il y a des règles. Et Rousseau se foutait éperdument des règles. Il créait les siennes. Et il en résultat un style qui eu une influence importante sur Matisse et Picasso.

En un sens le fait d’être autodidacte permet de s’affranchir des règles académiques imposées, ce qui est vrai pour la plupart des grandes œuvres d’art modernes.

Un des aspects radicaux du Douanier Rousseau est qu’il refusait de cacher ses sources. Rousseau n’a jamais voyagé, et ses étranges scènes de jungle était ainsi concoctées dans son imaginaire. Il puisait son inspiration au Jardin des Plantes, le jardin botanique de Paris, qu’il visitait souvent pour faire des études pour ses tableaux : « Quand je met le pied dans la serre et voit les plantes de ces pays exotiques », diras t-il « il me semble que je suis comme dans un rêve. » Il se basait également beaucoup sur les illustrations d’un album de 200 images d’animaux sauvages qu’il acheta aux Galeries Lafayette.

La chose la plus étrange est qu’il n’essayait même pas de cacher ses sources : les jungles de Rousseau ne ressemblent pas à de vraies jungles. Ce qui ne les empêchent pas de dégager un sens aigu du mystère et une allure à nul autre pareil. Beaucoup d’entres elles ont même l’impact qu’on retrouve sur les grands écrans de cinéma – un effet encore augmenté dans le cas de « Le lion, ayant faim » qui de par son titre entier ressemble à un script de film :

Le lion, ayant faim, se jette sur l’antilope, la dévore. La panthère attend avec anxiété le moment où, elle aussi, pourra en avoir sa part. Des oiseaux carnivores ont déchiqueté chacun un morceau de chair de dessus le pauvre animal versant un pleur ! Soleil couchant.

Rousseau ne s’intéressait pas à faire illusion, il ne cherchait pas à cacher quelque chose. Il n’avait pas besoin d’aller voir la jungle pour peindre la vraie jungle : son propos était l’art, pas l’illusion, et ça, c’était radical.

Cependant, l’intérêt que suscite rousseau chez les Modernistes comme Picasso, réside dans la nature primitive et non instruite de son style. « Picasso voulait peindre comme un enfant, et il pensait qu’à cause de sa formation à l’académie des Arts en Espagne, il ne pourrait jamais » dit la conservatrice Française Estelle Fresneau pendant la rétrospective Rousseau en 2005 au musée Tate Moderne. « Il était impressionné par Rousseau parce que le style de Rousseau était pur. Rousseau n’essayait jamais de faire ce que les gens voulait qu’il fasse. En fait, je pense que Rousseau était très intelligent. Il était conscient qu’il était en train d’inventer une nouvelle manière de peindre. »

 

Peut-être que le père de l’Art Naïf n’était pas si naïf que ça, après tout.

Vous pouvez visiter notre collection de tableux du Douanier Rousseau en suivant ce lien.

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Paolo Euvrard
Écrit par:

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Cet article "Henri Rousseau : Le parrain autodidacte de l’art moderne" est apparu pour la première fois sur le blog de tableau sur toile le 18 septembre, 2017. Copiez et recopiez, mais s'il vous plait faites un lien vers cette page.

 

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Témoignage d'un client au hasard

Bonjour, Le tableau est arrivé ce matin. Aucun problème de transport ni de livraison. Nous ne sommes pas déçus: il est splendide..... Merci pour tout et surement à une très prochaine fois.
(Henri Gompel, France)